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Drunk & sour

janvier 12th, 2012

On t’avait prévenu pourtant, cette période sombre et lointaine de l’âge où les cuites pèsent lourd sur la nuque, où tu te lèves la langue sèche somme du bois, les yeux bouillis, la charge de 40 années de débauche sous les paupières. Le manège tourne vite, plus vite encore que l’année dernière, l’inconscient prend le dessus et pilote la quasi majorité de tes gestes et réactions, seul ce choc frontal, charnel, cru, parfumé de tout ce qui nous rapproche d’un animal, défait de tout enrobage, totalement soumis à ta perverion réveille les sens et rebranche cette conscience qui fait de toi un être unique.

Chacun stocke des images de séduction, de formes, couleurs, des sons et des gestes qu’il range soigneusement dans la case plaisir, désir. Cet intérieur brûlant, ce lourd décolleté, cette bite raide que tu imagines ne sont que des images du passé. Il fut un temps où ce passé ne se répétait pas sans cesse, puis tu as cherché la sécurité, le confort du pilotage automatique de ton cerveau, de ta vie, de tes courses et de tes orgasmes.

Je suis dans un rodéo mental où vos vies de marionnettes tournent et défilent le long d’un horizon plat et monotone, vos fatigues me fatiguent, vos efforts pour rien, tout ce temps que l’on gaspille à haleter.

 

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Quarante ans

décembre 11th, 2011

Une sale migraine va de paire avec un cou tordu, sur lequel tu as dormi, contracté, serré, froissé. L’estomac café aigre à 6h38 un samedi, au lieu de dormir comme un humain serein qui se régale de cette douceur matinale en se tapotant la queue dès le réveil, fier de bander. Cette douleur qui ne part pas maintient une tête qui mouline une quinzaine d’idées en trop à la minute, d’où l’abandon partiel de sommeil réparateur, les traits tirés, les commentaires systématiques sur mes rides, mon air démoli, ma gueule de vieux chien. Tu as invité tout le monde, bien comme il faut, champagne à gogo, estomac tordu, tu as souri, le coeur déchiré, tu as fumé les cigares et bu et souri à nouveau, pour que tout le monde y croit.

Mais 40 ans, déjà. Après bien des excès et bien des dérives. Mon esprit s’éclaire, vite, beaucoup plus vite, je me souviens des amis que j’ai oublié au comptoir, des instants perdus et des moments qui ressurgissent.

1 ère étape du déclin, rien ne peut vraiment consoler ma peine, j’ai même réussi à écarter le seul petit rayon de chaleur qui venait éclairer mon chemin, à force de repli sur moi même, de culpabilité. Je tourne en rond, je ne trouve pas d’issue, je voudrais tellement ce petit paradis qui existe dans vos coeurs naifs. Je n’arrive pas à m’exprimer, j’ai une colère trop forte, incontrôlable, contre tout, je hait cette génération pourrie faite de clones, cette saleté ambiante, cette médiocrité qui envahit tout. Pour finir je suis seul donc, mais vraiment, complètement.

 » Loneliness is the human condition. Cultivate it. The way it tunnels into you allows your soul room to grow. Never expect to outgrow loneliness. Never hope to find people who will understand you, someone to fill that space. An intelligent, sensitive person is the exception, the very great exception. If you expect to find people who will understand you, you will grow murderous with disappointment. The best you’ll ever do is to understand yourself, know what it is that you want, and not let the cattle stand in your way. »
- Janet Fitch

 

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Après midi barbu

août 11th, 2011

Pianotent, pianotent, les petits coeurs de l’été, peau de soie et barbe, quand nos sexes s’enfilent à la découverte, quand la dérive prend la forme d’un rite qui nous colmate le coeur et nous bande les veines, où les premières palpitations prennent la forme d’un grand vide poétique , où le visuel de tes hanches, de la raie de tes fesses, de tes longues jambes, de l »indicible ouverture des tes lèvres  et de tout ce qui peut me faire décoller s’agenouille et s’additionne là devant mes petits yeux qui demandent que tu te courbes, te plies, que tu m’inspires, que tu  déclenches l’overdose.

Mon âme perdue, paumée, nos vies d’hystériques, cet amour volcan qui déborde de nos deux coeurs qui saignent.

Juillet 2011

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