J’habitais une banlieue de Melbourne. Un endroit effacé et gommé par le soleil, entourés de casa italiennes aux draps tendus et à l’odeur de bouffe qui me rendait dingue. Une banlieue comme dans un vieux film de Clint Eastwood, les couleurs blanchies par ce soleil aveuglant. J’étais traveller mendiant, ouvrier en usine , toyboy pour une nuit et complètement défoncé. J’avais trouvé la chambre sur un petit billet accroché au mur, dans une fac. Le mec était bio, gay, trop gentil et souvent absent.
J’ai tenu proprement une semaine. Le gars parfait, j’écoutais, mangeais peu et vivais dans une austérité virginale. Ensuite c’est reparti, les vieux vices qui surgissent, j’ai amené Lisa un soir et on est entrés par la petite fenêtre en bois, je l’ai poussé à l’intérieur ivre morte avant de s’enrouler l’un sur l’autre et de baiser dans la moiteur des nuits australes. Je l’avais rencontré dans une soirée sex&surf où elle avait sauté du balcon dans la piscine, environ 8 mètres plus bas. Lisa avait ce petit côté sixties que j’adorais, cette moue vintage et ces culottes usées d’une vraie traveller romantique. Mais elle se donnait à fond pendant l’amour, ne lâchait pas un centimètre de mon sexe avant d’avoir joui plusieurs fois et s’assurait de toujours satisfaire mon plaisir visuel : tu veux que j’écarte mes fesses avec les mains ?
Lise avait des copines, toutes affamées, alors c’est parti dans tous les sens, ma queue mangeait à sa faim, de manière équilibrée et variée, mon estomac lui était vide, l’usine à tomates payait mal et la chinoise que j’avais baisé à blanc derrière le bureau du boss un samedi matin m’avait planté un couteau dans la main, m’enlevant mon seul revenu de 64 dollars la journée.. Elle n’avait pas vu cette petite sauterie ouvrière de la même façon, pour elle le sexe et le sien en particulier était un signe d’engagement, pour moi c’était un signe de soulagement.
Le colocataire gay bio non fumeur a fini par s’énerver le jour où, de retour d’un week end, il nous a trouvé moi, un ami calédonien avec un sexe énorme, Lisa & Linda l’américaine rousse tous dans son pieu, à poil, dans un état second. Il m’a demandé de tout laver, d’acheter de nouveaux draps, de ne plus jamais refaire ça.
J’ai vu dans son regard qu’il voulait très certainement m’enculer en fait, mais qu’il n’avait pas osé me le dire. Je me suis senti triste pour lui, il ne m’a plus jamais préparé de plats bio et m’adressait rarement la parole. A cette époque pourtant, je me serais presque fait prendre pour assurer le gîte et le couvert.


