Bust me

juillet 1st, 2009

J’ai jusque là ignoré les appels de l’ombre, les bouches sorties de nulle part, les puzzles romantiques à étape, les chassés croisés entre l’ex et moi. J’ai jusque là blindé mon vaisseau d’une double coque, une pour le coeur une pour la déraison.

J’ai été inconsistant, absent, transparent, indifférent, inaccessible, exaspérant.

Tu viens de piller le navire, jeune pirate, je suis à poil sur l’ilôt et j’attend tes lèvres.

Lifetime planning

juillet 1st, 2009

Elle passe sa vie sur facebook, la petite prof parisienne.

De long en large elle étale sa vie par compartiment, ça dégorge de mal être, d’envie aussi quadrillée que son emploi du temps. Ca pue la complication, le oui non trop mûri, la malchance perpétuelle de l’âme, le manque d’oxygène du coeur.

Côté vie perso, rien n’est gardé, tout est mis à prix, au bon vouloir de ses humeurs qui passent du rose au noir en quelques minutes, une bouteille à la mer pour appâter d’autres rescapés.

Elle dit oui à toutes les invitations masculines, more is better  et sa liste d’amis est essentiellement composée de mâles  génétiquement non modifiables. Ces gentils quadras lui font la cour par messages d’adolescent, en ligne de mire sa petite chatte mal épilée de prof, sa générosité qu’on va tordre dans tous les sens et vidanger en 3 mois. Elle le sait mais comme tant de femmes préfère l’ignorer et en extraire uniquement le suc savoureux du désir, être désirée, même comme gorge profonde, semble lui convenir et la combler.

Prend tu la pilule ? non. du tranxène : oui.  aie, les quadras ne vont pas aimer, à leur âge l’amour ne se consomme plus sous vide et l’orgasme ne se traduit qu’en toi, le sais tu ?  ils préféreront les vingtenaires insconscientes qui cumulent clope pilule alcool, le tout sans revendication.

Elle a 576 photos dans son profil, toutes les étapes de sa nouvelle vie, qu’elle comble d’artifices pour éviter de sombrer. Sa chaine stéreo, ses talons, son chien, sa nouvelle coupe, ses soirées girly : tout y passe, tout est bon à déboucher en public pour se donner la consistance moyenne d’une femme baisable. Elle est aimante, attirée par les compliments et l’intellectualisation automatisée appliquée aux choses de l’amour et du sexe. Elle baise moyennement, en faisant de gros efforts pour concurrencer les petites chiennes du privé gavées aux hormones, au pelage luisant et à la vie flambante. Elle est aussi sur match, meetic, onvasortir, doctissimo, aufeminin et t’attend avec impatience, tu devrais y arriver sans trop de problèmes, surtout si tu décides de mentir au point de lui dire qu’elle t’intéresse vraiment.

Moi et les autres

juin 29th, 2009

Il y a toujours cette impossibilité dans mes rencontres, mais elle rend les choses plus fortes

Il y a toujours cette pudeur, mais elle rend les choses plus douces

cette distance mais elle rend les choses plus fraiches, parce que tout ce qui te frotte de trop près depuis trop longtemps ne finira que par t’irriter

Il y a aura toujours une part de chaos, je n’ai jamais évité les bourrasques mais elle ne me font plus trembler, je suis dans le coeur de la tempête depuis longtemps.

Il y a toujours le doute, quand nous posons les pieds sur la rampe de lancement, juste avant l’envol

Mais cet énorme désir pour toi, cette frustration jamais rassasiée, vouloir tes lèvres et ton corps à chaque heure,  ce ventre noué par le manque, comment le résorber ?  je crois qu’ une vie de célibataire c’est comme recharger les batteries, si l’on commence un couple à 20 ans, la panne arrive à 30, la vie entre 20 et 30 consomme beaucoup trop d’énergie pour sauver un couple de l’extinction,  si l’on recharge depuis 10 ans il y a une chance que la traversée se passe sans trop d’ encombres.

Alors entendre parler de l’autre c’est toujours un éclair au ventre, un trou de plus à la besace

Alors parfois, comprenez moi, j’ai moi aussi envie de poser et de brûler les valises, j’ai moi aussi envie qu’on s’occupe de mon coeur en me caressant la queue, parce que les autres, sachez le : je ne sentirais même pas leurs cadavres fumants si je passais à côté.


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