On t’avait prévenu pourtant, cette période sombre et lointaine de l’âge où les cuites pèsent lourd sur la nuque, où tu te lèves la langue sèche somme du bois, les yeux bouillis, la charge de 40 années de débauche sous les paupières. Le manège tourne vite, plus vite encore que l’année dernière, l’inconscient prend le dessus et pilote la quasi majorité de tes gestes et réactions, seul ce choc frontal, charnel, cru, parfumé de tout ce qui nous rapproche d’un animal, défait de tout enrobage, totalement soumis à ta perverion réveille les sens et rebranche cette conscience qui fait de toi un être unique.
Chacun stocke des images de séduction, de formes, couleurs, des sons et des gestes qu’il range soigneusement dans la case plaisir, désir. Cet intérieur brûlant, ce lourd décolleté, cette bite raide que tu imagines ne sont que des images du passé. Il fut un temps où ce passé ne se répétait pas sans cesse, puis tu as cherché la sécurité, le confort du pilotage automatique de ton cerveau, de ta vie, de tes courses et de tes orgasmes.
Je suis dans un rodéo mental où vos vies de marionnettes tournent et défilent le long d’un horizon plat et monotone, vos fatigues me fatiguent, vos efforts pour rien, tout ce temps que l’on gaspille à haleter.