
Tu cours après quoi toi ? un peu d’amour, de réconfort, un peu de gloire, d’argent ?
Tu cours après ton passé, après ta jeunesse qui s’envole, après l’attention que l’on portait à chacun de tes mouvements. Tu cours après les étapes manquées, les amants oubliées, ta mémoire qui se recycle ?
Moi je perd mon temps, mon sang, mes nuits à courir seul. Que faut il faire ensuite ? j’ai l’impression d’avoir fait un cycle complet, de revenir à un état de primate désoeuvré, je l’étais déja avant, comme la plupart des mes congénères, mais les hormones devaient masquer l’odeur de la connerie et m’aveugler. Chasser pour baiser m’emmerde, j’ai croqué tout ce qu’il y avait à croquer, léché chaque morceau succulent, je n’ai rien laissé aux autres, je ne leur ai rien volé non plus, elle rentre toujours, chaque soir, auprès de son mari. Maintenant je contemple ma misère, les limbes d’un passé glorieux que tout homme voudrait avoir dans son album photo, toutes les chattes que ta mère ne pourrait pas t’offrir. Ma penderie je l’ai remplie pour ne laisser de place à rien ni personne, ma bibliothèque aussi, tout ça est rassurant, mais peu convaincant pour les éventuelles repreneuses qui veulent raccourcir mes pattes, ne comprennent pas vraiment mon amour pour les belles chemises, ont forcément un souci digestif avec mes ex… Celles ci en amour comme en affaires préfèrent toujours former un jeune collaborateur affamé et le dresser à leur goût plutôt que d’apprivoiser un vieux singe comme moi.
La solution c’est une tempête qui me prend et m’absorbe dans son oeil, si tu n’es qu’une légère brise d’automne, tu ne feras même pas décoller mes semelles…