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Sweet Young Sins

mars 31st, 2009

On jouait à Treasure Island, 3 écrans, en échappant aux monstres, dix possibilités maximum, des mois de rêve collés aux pixels qui se déplacent. Ensuite il y a eu L’Amstrad, le CPC 6121 pour ceux qui avaient de la chance, L’atari 540, les Amiga et les Commodore, un Bruce Lee jaune et noir en quelques cubes.

On avait aussi des Newlook qui sortaient le mercredi, que je lisais avec une méthode religieuse, en évitant soigneusement les pages centrales que je gardais pour la fin : Babylone. Je me masturbais deux fois, dans un mouchoir, devant ces figures muettes. Pas d’anus dilaté, pas de facial, pas de ‘tu aimes ça petite pute’, seulement du rêve solitaire.  Je ne pouvais pas imaginer quel genre d’homme avait droit à ces courbes, à ces seins, je me torturais l’esprit pour réussir à comprendre comment était il possible d’aborder et de convaincre ces créatures du désir.  Puis les Lui et les Playboy du père, plus trendy et plus chers, que je volais et qu’il récupérait avec des gifles. Prêter ses Lui à son fils : un effort sûrement pas assez bandant. Puis il y a eu le premier film porno de chez Dorcel, regardé avec ma soeur chez le même père, comme un arrêt dans le temps, un moment qui repasse en boucle dans la tête pendant des années, chaque scène, chaque mot est méticuleusement enregistré dans un esprit frais de 12 ans. Les poupées parlent donc.

Puis des mois et des années de jachère, de vide, avant la première éjaculation in vitro, timide, fébrile. La chair humaine : une nouveauté que l’on vampirise une fois que l’on y a goûté. Puis les expériences, la découverte, les premières créatures de Newlook avec de vrais prénoms, la prise de conscience et de confiance, le corps de la femme que l’on ignore à 18 ans mais que l’on baise frénétiquement pour se convaincre que tout va pour le mieux du côté de sa bite. Ensuite viennent les premières femmes qui nous apprennent à conjuguer et à composer avec leurs instruments, cette délicate mélodie que l’on nous annonçait si facile à condition de tenir et d’en avoir une grosse. Les premières demandes interdites, les trucs de salope jusque là réservés à l’élite de nos potes surhommes qui en faisaient des mythes. La naïveté qui s’effrite peu à peu, quand on se surprend à fesser et à attacher, à sodomiser et à éjaculer dans n’importe quelle bouche, à insulter, en pensant toujours être de grands hommes virils au service des dames et rien que ça, rien d’autre. On chassait le « oui » avec du désir, on faisait tout pour l’entendre, puis on le remplace par de l’alcool, de la drogue, des mensonges, une pression suffisante où tout devient bon pour arriver à planquer sa queue au chaud.

Puis vient la nostalgie, la lassitude, le dégoût parfois. Au milieu du faux même l’éphèmère n’a plus aucune valeur, l’excitation devient prévisible et le plaisir monneyable. De chasseurs on devient chiens, à la pensée jetable et au coeur éteint.

Les fleurs fraîches de nos vingt ans se fanent doucement pour laisser apparaitre leurs premières rides, leurs premiers refus de baiser pour baiser. Comme tout n’est que recommencement et renaissance elles revivent à nouveau à l’approche de la quarantaine, offrant le meilleur de leur âme à travers leur corps, criant ce désir de plaire et de reprendre possession de ce bien charnel que les années déforment lentement.

Kate est de celle là, de celles qui t’apportent la renaissance : Avoir 20 ans et jouïr 4 fois de suite, perdre tous ses repères.

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3 Responses to “Sweet Young Sins”

  1. ZORG

    Si c’est pas une déclaration d’amour ça !!

    J’adore ce texte. Je voulais écrire depuis longtemps sur l’évolution du regard sur la sexualité avec le temps qui passe.

    J’aurais conclu sur cette question : aurai je toujours l’envie ? Ou finirai-je par dire : « la chair est triste, hélas… »

    Quelque part tu réponds et tu conclu par une déclaration : top.

  2. Quetzalita

    C’est la fête… retour des commentaires ou est(ce une erreur?

  3. Miss E

    C’est toujours un plaisir de te lire…

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