Sans avoir trente ans elle ne sert plus le même sourire. En quelques mois une vie au parfum discount, retour dans la jungle du social. Elle boit du Ruinart avec pudeur, gênée par l’excès et l’abondance, l’esprit hanté par la dégringolade de sa vie. Plus de boulot, plus d’emploi du temps, les derniers brins de dignité ne tarderont pas à s’envoler. Je suis une salope qui lui fait vivre un week end de Cendrillon et je baisse la tête devant tant d’humiliation. Hier soir chez elle elle m’a servi un steak Charral et des pommes dauphines, encore 5 jours avant la fin du mois. J’ai tant de haine d’avoir accepté ce bout de viande pour profiter de sa dernière ressource, un bonnet C laiteux.
Elle a mis ses sous vêtements du dimanche, ceux gardés pour la rencontre, celle où il faudra se montrer femme, désirable et sexuellement active : pour ça elle fera tout. L’odeur d’une lessive trop fraîche, la transpiration abondante de ses aisselles, son grand sac en cuir presque vide, son jean blanchi trop serré, ses bottines noires à la semelle carrée, tout trahit sa petite mort sociale, sa gêne, ce ver qui la ronge. Pendant que je me défoule sur ses seins en ignorant sa chatte mal rasée sous la douche, elle pense à demain, à ses impayés, à son chat et jouit à l’étouffée pour me faire plaisir. L’étiquette qui nous gouverne et gonfle nos égos nous abat sur le champ dès que le compte en banque affiche du rouge. Le relooking inverse transforme les corps et mutile la confiance. Si elle n’avait pas eu cette formidable poitrine j’aurais amené de la bière.
