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Atone

septembre 4th, 2009

Il y a ce moment sournois où l’on suprend vos conversations, où l’on surprend vos gestes intimes. J’ai remarqué qu’une femme sur deux faisait exactement le même signe de tête avec le même regard pour t’envoyer le feu vert : go, vas y cow boy , c’est parti pour le sexe. Avec plus ou moins de pression selon l’âge. La quadra dispose d’un véritable arsenal de regards qu’elle use jusqu’à la racine, la vingtenaire a juste besoin de lever les yeux sur toi : l’injustice de l’âge que voulez vous.

C’est tellement amusant de voir les milliers de mots si parfaits, si curieux, si intelligents, si authentiques, si tolérants, si ouverts que l’on envoie dans la fougue d’un début de relation. On détaille chaque petit désir, on justifie chaque petit point et on valorise tout ce qu’il est possible de valoriser, en restant dans la tendance et dans une certaine morale pour ne pas choquer, ne pas passer pour un baiseur né sans code ni foi. Le ton est fleuri, enjoué, rieur et délicat.

Toutes ces grandes phrases qui s’attachent à la forme mais aussi au fond, qui sont si sincères, si profondes et qui résonnent tellement en nous.. enfin dans notre imaginaire. des semaines d’échange sur la littérature le look le parfum  les goûts culinaires ou bien la famille. On met en avant sa vie sociale aussi, sa vie professionnelle bien sur, en ne prenant que le bon si possible. On pimente un peu entre parenthèses ce long flot d’amour inavoué par quelques salves sulfureuses, quelques sous entendus un peu coquins histoire d’assurer l’autre de sa bonne disposition aux choses du sexe. On va dans le sens de l’autre, on affiche de l’empathie, une très grande compréhension ca va de soi de sa situation, de sa façon de voir les choses. On occulte bien sur la jalousie le mensonge la violence la mauvaise foi que l’on l’attribue au passé, à un quelqu’un qu’on charge excessivement.. mais tout ça :  » c’est bien fini » …

Bientôt  vient  la rencontre, enfin la rencontre. Juste avant la jalousie le mensonge la violence la mauvaise foi.

Puis arrive la fin, vite, bien plus vite que les longues phrases écrites avec tant de passion, tant d’énergie, de patience. C’est allé vite, le fil réducteur de nos pensées s’appelle le quotidien, il s’appelle aussi Jean ou Lise parfois et il fout une belle merde dans ton joli décor romanesque construit avec autant de belles intentions.

Parce que si Lise veut baiser ton mec, crois moi, elle ne va pas lui écrire un chapitre entier, elle va juste lui montrer ses seins ou son cul.

Toute la problématique des courants contraires. Toi tu pédales, elle, elle baise.

On voudrait souvent baiser en pédalant, mais franchement j’ai un doute là dessus.

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