Je pense à elle de multiples façons.
Le matin par exemple, c’est le coeur qui bat fort et la poitrine dans un étau, des images noires où elle fait l’amour à des hommes que je connais presque : la peur
Le soir, ce sont les yeux ouverts, sans sommeil, le coeur vide, les épaules en feu, chaque muscle noué, les mains moites, le corps laid, la solitude ingrate : le manque
La journée, c’est le manque d’appétit, la déception, l’attente et la frustration, la haine contre tous : le doute
La peur, le manque et le doute sont les trois derniers paliers de l’amour, ensuite il y a la chute. Rien n’empêchera les soirées à venir où l’on s’offre sans trop réfléchir, les décisions rapides, le retour des fantômes et des chiens léchant à ta porte. Entre brebis et loup mon coeur se mutile et saigne lentement.
Nous sommes tous pareils, tous en manque, tous. La distance entre ton homme du moment et la prochaine braguette descendue en ton honneur est bien plus courte que tu ne le crois, notre génération d’esclaves égocentriques sait muter en quelques heures pour ce genre de choses. La peur se nourrit de familiarités confortables, le manque de luxure et le doute de faux semblants. Tout ça me donne envie de vomir.