Je vais à cette soirée sans envie, j’ attend le dernier moment pour annuler mais elle ne voit pas les choses comme çà et me rattrape au vol. Je me retrouve avec une blonde qui a gagné d’avance et deux brunes qui tortillent et gigotent devant moi, on me les offre puisque je suis triste : un spectacle pathétique de trentenaires à la dérive, sans charme, sans moëlle. J’ai juste envie de fumer et de boire. J’ai un haut le coeur et des pincements, la nuque et l’estomac qui brûle, la gorge sèche de toutes ces clopes et ces cachets, de tout ce manque et cette bouillie lamentable qui ont rempli mon coeur. Je n’ai pas envie d’escalader toutes les marches qui mènent à l’un ou l’autre de leurs vagins. C’est tellement facile. Plus le chat est noir plus les souris blanches veulent se salir. Je voudrais juste que l’une d’entre elles soit aussi grossière que moi.
Encore un plan de séduction dans la pénombre, des coupes de champagne, des sourires vides, encore une auréole de sperme qui jaunira sur mon matelas. Il faut que je change tout ça. Je suis allé courir le lendemain avec la femme d’un ami. A voir son cul balloter devant moi dans un short trop petit j’ai eu envie de la baiser à genoux dans les bois mes doigts dans sa bouche. Quelques souvenirs ont refait surface, le vent tourne. Il vaut mieux que je reste seul en ce moment, je sens comme un vague sentiment d’insouciance prêt à dévaster tout ce qui est beau autour de moi. mon matelas mérite mieux que ça.