Home

La dernière murène

janvier 18th, 2010

Donne moi la tranche fine du fruit, la meilleure. Plie toi au maximum, les veines battantes d’un cheval qui s’étrangle. J’ai fait des efforts pendant deux décennies pour plaire à vos masses et maintenant je sèche. J’ai vos cols roulés en chagrin dès que l’automne s’éveille. J’aime ta photo dans la salle de bain, nue et brute, fine comme un silex, cuisses entrouvertes, sexe que je connais comme ma maison. J’aime quand tu jouis à l’étouffée, murène silencieuse et fatale. J’aime aussi les empreintes que laissent tes mots quand ils glissent vers moi. J’ai l’impression de posséder le monde uniquement quand je gicle en toi, quand tu me laisse m’enfoncer plus profond et que nos sexes brûlent. J’ai absolument besoin de te posséder par le biais des fluides, comme une liane visqueuse entre nous, en ne pensant ni au lendemain ni à mes douleurs. J’aimerais aussi avoir des poings lourds comme des sacs de ciment, agiles comme des balançoires. J’aimerais avoir un plafond plus haut, sous le ciel, avec des livres pour seuls meubles.

Réjouissez vous de ce qui est beau, abandonnez toute médiocrité, tout caprice, toute facilité, vous n’êtes plus un enfant.  Souffrez en silence et jouissez de la toute beauté des femmes et de l’orchestre de leurs désirs « à faire pâlir les rossignols »

VN:F [1.9.2_1090]
Rating: 5.0/5 (2 votes cast)
La dernière murène, 5.0 out of 5 based on 2 ratings

Comments are closed.


Copyright © L’Homme Modèle. All rights reserved.