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mars 23rd, 2011

Vagues, tes belles idées resteront entre tes cuisses enfermées. La pénurie d’amants cloués derrière ta porte, ces faucheurs de pierres mortes, montre du doigt une éternelle faiblesse. Ton doigt agile fera donc la loi, relevé et remonté dans ta fente huileuse.

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Spring to die from

mars 23rd, 2011

La mince pellicule qui s’accumule sur ce comptoir n’a qu’un nom : espoir de boire. Elle grossit jour après jour, toujours plus dense, toujours plus gluante, à te greffer les coudes au bar, du lundi au samedi. La ville ne s’étend plus de là à là : la ville meurt et renait ici, le long d’un comptoir en bois mal verni où se brisent les rires et les grandes phrases contre des verres de vin vraiment de pays.

La majorité des hommes n’ont qu’une double vie, celle d’avant et celle d’après le bar. Celle d’avant est peuplée de fantômes toujours trop bruyants, trop contraignants, trop sérieux. Celle d’après apporte grâce et allégresse, aucun vindict ne viendra troubler l’heure sacrée de l’apéro où les esprits se détachent enfin du sol.

Il n’y a plus d’obstacles dans ta vie d’après : les gens pétillent d’envie d’en savoir plus sur toi et ta jovialité est en pleine ascension. Ni mère ni dieu ne t’ont vu comme çà. Les hommes arrivés au virage des 40 s’entrechoquent avec leur congénères arrivés à l’impasse des 50, ces derniers font un peu plus la gueule. Chaque soir ton gosier réclame sa part de vice, son moment intime, sa pénétration avec glaçons. Le voilà qui roucoule de plaisir sous les compliments et les drôles de blague qui animent un lieu si commun.

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Noël t’avale

janvier 19th, 2011

Dans un petit chemin j’ai garé la voiture, les poumons au mastic, le coeur qui tangue, la gorge acide. J’ai vomi dans les fossés et perdu ma chaine en or, je suis tombé du lit d’en haut, d’un coup, tout droit face contre sol.
J’ai envie de me débarrasser de tout le matériel, de reconquérir ma liberté, celle qui roule au vent et qui se moque de la vie.
Je marche sans donner de coups de fil sans penser à vos cadeaux et à vos préparatifs, vos gosses débilisants votre agenda vos traites la rayure sur votre bagnole votre rendez vous mercredi chez l’esthéticienne pour avoir une chatte comestible le soir de noël et enterrer la hache de guerre avec le primate que vous avez voulu mari(er).

Les gens m’envient, me bavent sur l’épaule, m’épient, respirent juste un peu de ma liberté qui est hors de prix pour la plupart d’entre eux. Ils sniffent ma dope, mon adrénaline, mon culot, ma fièvre, ma fougue, mon impétuosité insolente, je déborde tout le temps, rien ni personne ne me met le couvercle, je sème la panique, je baise les esprits bien faits, tu gobes et tu mâches et tu prend encore un shoot de mon égocentrisme déluré, juste au cas où je disparaitrais. Plus la vie va plus je veux loin et fort, plus je tape juste, plus les gens me respectent et me craignent, c’est comme ça, crois moi, peu y échappent. Les durs, les secs, les intellos, les gay-friendly, les ex pétasses de banlieue devenues bobos depuis leur CDI et leur Iphone.
Je voulais vous parler de noël mais il est déja trop tard, vous êtes déja reparties vers d’autres rêves : récupérer un corps qu’on a envie de déshabiller puisque qu’on vous suce l’esprit toute l’année, rien d’autre que le cul et le portefeuille n’ont de moëlle.

Bonne année in vivo, enlevez le plastique, prenez des risques, flinguez vous un pied, percez vous les tétons, débarquez les momies des placards changez d’amant et prenez une décision en or : que l’année soit toute en longueur et en largeur et en profondeur.

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